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Preneur d’aide étrangère pour attaquer ses rivaux, Trump suscite un tollé

Donald Trump était jeudi sous le feu des critiques après avoir affirmé qu’il était prêt à accepter des informations compromettantes d’une puissance étrangère sur ses rivaux, malgré la tempête judiciaire déclenchée par les contacts entre son entourage et Moscou en 2016.

« Honteux », « choquant », « une erreur »… Le président américain a alimenté, avec ses déclarations, les appels des démocrates favorables à l’ouverture d’une procédure de destitution, mais aussi la gêne, voire les critiques, chez de proches alliés républicains.

Interrogé mercredi par la chaîne ABC sur le fait de savoir si son équipe de campagne accepterait des informations compromettantes sur ses adversaires, venues par exemple de Russie ou de Chine, ou les transmettrait au FBI, le président américain a répondu qu’il ferait probablement « les deux ».

« Mes réponses sont rarement mises en avant dans leur intégralité par les médias infox », a-t-il tweeté jeudi matin en réponse à la polémique.

Dans un surprenant parallèle, le locataire de la Maison Blanche, qui visera un deuxième mandat en novembre 2020, a par ailleurs souligné qu’il était en contact avec des dirigeants étrangers « tous les jours », évoquant son récent voyage en Europe et ses rencontres avec la reine Elizabeth II ou encore le président français Emmanuel Macron.

« Devais-je immédiatement appeler le FBI pour leur rendre compte de ces appels et de ces rencontres? », a-t-il ironisé. « C’est ridicule! »

Donald Trump était initialement interrogé sur le cas de son fils aîné, Donald Trump Junior, qui lors de la campagne présidentielle de 2016 avait participé à une réunion à la Trump Tower de New York avec des personnes qu’il pensait mandatées par Moscou, et qui lui avaient promis des informations compromettantes sur la candidate démocrate Hillary Clinton.

Cette rencontre et d’autres contacts entre des membres de son équipe et des Russes ont intéressé le procureur spécial Robert Mueller, qui après pratiquement deux ans d’enquête a mis en évidence l’ingérence de Moscou dans la présidentielle de 2016.

– Silence gêné chez les républicains –

M. Mueller a toutefois conclu qu’il n’y avait pas eu d’entente entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie. Mais il ne l’a pas blanchi de soupçons d’entrave à la justice, signalant une dizaine de pressions exercées sur son enquête par le 45e président américain.

Ces conclusions, publiées fin avril, ont provoqué une avalanche d’appels à ouvrir une procédure de destitution contre Donald Trump chez les candidats démocrates à la présidentielle de 2020.

Mais ces voix sont restées jusqu’ici minoritaires à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, où serait déclenchée une telle procédure.

Les dernières déclarations du milliardaire pourraient toutefois grandement compliquer la tâche de sa présidente, Nancy Pelosi, qui fait barrage contre une procédure de destitution qu’elle juge très impopulaire, en plus d’être probablement vouée à l’échec dans un Sénat républicain.

« Tout le pays devrait être complètement horrifié parce ce qu’il a dit hier soir », a-t-elle déclaré jeudi. Mais elle a dans le même souffle encore rejeté la perspective d’une destitution, martelant qu’elle voulait d’abord enquêter méthodiquement sur le président. « Ce n’est pas une seule question qui va déclencher » l’ouverture de cette procédure.

Chez les candidats à la présidentielle, le ton est monté.

Bernie Sanders a appelé la Chambre à « déclencher immédiatement une enquête en vue d’une destitution ». « Notre président pense qu’il est au-dessus des lois », a tweeté le sénateur indépendant, deuxième dans la course à l’investiture démocrate.

« Il est temps de destituer Trump », a renchéri la troisième dans les sondages, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren.

Le premier dans la course démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden, n’appelle pas pour l’instant à dégainer cette option mais il a dénoncé les propos de Donald Trump: « Ce n’est pas une question de politique. C’est une menace contre notre sécurité nationale ».

Donald Trump s’est aussi défendu jeudi en accusant de nouveau l’enquête Mueller d’être « une chasse aux sorcières bidon » dirigée par les démocrates.

Mais ses propos ont provoqué un silence gêné chez de nombreux républicains du Congrès, son proche allié, le sénateur Lindsey Graham, rompant lui les rangs pour déplorer son « erreur »:

« Face à quoi que ce soit de valeur, de l’argent ou des informations sur votre rival » offert par un pays étranger, « la bonne réponse est +non+. »

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