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Maroc : jets de pétards, incendies, confrontations avec les forces de l’ordre… nuit chaotique dans plusieurs quartiers à Rabat et Casablanca

Une nuit chaotique qu’ont vécues les villes de Rabat et Casablanca samedi à l’occasion des festivités commémoratives de Achoura (10ème jour du calendrier musulman).Rassemblements publics, feux de camps en pleine voie publique, attroupements d’adultes et d’enfants, utilisation de pétards et fumigènes, tirs de feux d’artifice et des produits inflammable, tel était l’état dans de nombreux quartiers de la capitale et de la métropole économique du Royaume.

Des photos et des vidéos relayées sur les réseaux sociaux attestent de la gravité des actes perpétrés, la nuit de samedi, par les jeunes de ces quartiers. En plus des pétards et autres feux d’artifice, des débordements sont à déplorer notamment des actes de sabotage de voitures et biens publics, ainsi que des confrontations avec les forces de l’ordre.

A Rabat, des actes de violence ont été enregistrés où certains quartiers populaires ont connu un vrai chaos : routes coupées, grands feux et sabotages de biens, des voitures cassées ainsi que des heurts avec les forces de l’ordre qui ont déployé un important dispositif sécuritaire pour éviter le pire. De nombreux éléments des forces de l’ordre ont été blessés lors de ces interventions.

Dans la ville limitrophe de la capitale, Salé, plusieurs quartiers ont vécu de dangereux actes de violence et de sabotages, dont des confrontations en utilisant des pétards, des feux d’artifices et des produits inflammables.

A Casablanca, des quartiers semblent sombrer dans une guerre entre jeunes protagonistes où jets de pétards et de produits inflammable ont été échangés toute la nuit. Pourtant, les autorités locales ont formellement interdit la commercialisation de ces petits engins explosifs destinés à produire du bruit, mais qui présentent un grand danger pour la santé et la sécurité des citoyens.

Aussi, des casseurs, agissant sous le couvert de la célébration de l’Achoura, ont entravé une partie de la circulation routière et fermé de nombreuses rues, dressant des barricades de pneus incendiés, ce qui a transformé ces quartiers en véritables champs de bataille. Les forces de l’ordre ont passé une nuit blanche, à traquer les concentrations de jeunes autour des feux allumés.

Si cette journée aux significations multiples est une occasion pour célébrer des rites et des coutumes ancrés dans la culture marocaine, ce n’est plus le cas ces derniers temps où cette fête est devenue le théâtre de dérapages plus ou moins graves où les pétards conjugués aux pneus et poubelles enflammés conduisent directement au commissariat de police ou aux urgences de l’hôpital.

Quelques jours avant la célébration de l’Achoura, les autorités locales avaient annoncé l’interdiction de tout rassemblement en prévention contre la propagation du coronavirus, qui fait ravage ces derniers jours au Maroc avec plus d’un millier de cas enregistrés quotidiennement.

Depuis des siècles, Achoura est perçue au Maroc comme celle de l’enfance, de la famille et des traditions, et aussi un jour de partage et de charité. Distribution de friandises, cadeaux, pratiques à caractères carnavalesques… l’ambiance est aux festivités. Au cours de cette journée, les enfants, mis à l’honneur, donnent libre cours à leur joie.

En cette période, le business des jouets bat tous les records au grand bonheur des commerçants contents de voir que rien n’atténue la frénésie des acheteurs qui se dépêchent d’obéir aux caprices de leurs bambins.

A cette fête se sont greffées des pratiques qui diffèrent d’une région à une autre, telles que la visite des cimetières et des marabouts. Certaines familles font brûler de l’encens tout au long de leurs veillées. Le soir, la fête continue avec le feu rituel autour duquel grands et petits chantent et dansent en chœurs des chansons qui passent de génération en génération.

Le lendemain de l’Achoura, les enfants et même les grands aspergent d’eau leurs amis, les voisins et même les passants. Une pratique appelée « Zem-Zem » en référence au puits du même nom à la Mecque, lieu saint en Arabie Saoudite.

L’Achoura est avant tout une fête de charité, de compassion et de dons aux plus démunis et un fort moment de convivialité et de retrouvailles où une ambiance bon-enfant règne au sein de toutes les familles. Mais, certaines pratiques qui ne relèvent ni de la culture ni de l’identité marocaine viennent porter un coup d’estocade à toute une fête aux multiples significations.


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Publié le 10.04.2019

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